Archives mensuelles : février 2015

LA QUÊTE DE RESSEMBLANCE CHEZ LES SUJETS ADOPTÉS :

 une tentative pour colmater les brèches identitaires

 

Texte présenté au colloque de la SPF sur le thème « Identités et sujet », le 31 mars et 1er avril 2012, à Paris, dans le cadre de l’atelier « Quand le sentiment d’identité vacille », publié dans Les lettres de la SPF, n°30, 2013, p. 73-82.

 

L’identité personnelle prend sa source depuis l’autre par le jeu des identifications. Elle nait dans le lien aux parents, parents qui font don de reconnaissance : tu es mon fils/ tu es ma fille, reconnaissance qui est d’abord une disposition psychique et affective avant d’être un acte juridique. C’est du lien avec sa mère et avec ses proches que l’enfant grandit au sentiment d’une évidence : bien sûr que je suis ton enfant, que je suis leur enfant, bien sûr que je suis moi-même. L’évidence de soi-même est le fondement de tout sentiment identitaire[1]. Cette évidence du lien aux parents est toujours à créer : elle n’a rien d’une évidence et la ressemblance physique aide à conforter la conviction : c’est mon portrait tout craché, il est logique que je me retrouve en lui. La ressemblance physique n’est pas une condition du lien (nous allons voir qu’elle manque chez l’enfant adopté et que ce manque est douloureux) mais elle le facilite : la filiation s’inscrit aussi dans le jeu de la semblance[2] et on en voit d’ailleurs les manifestations enthousiastes dans les maternités. Continuer la lecture

DETTES ET CULPABILITÉ CHEZ L’ENFANT ADOPTÉ

à partir d’une conférence prononcée le 3 décembre 2011 au musée Gallo-Romain de Lyon à l’initiative de l’association Eldelweiss-Accueuil

Si dettes et culpabilité sont au coeur de la transmission intergénérationnelle, elles sont pour l’enfant adopté et ses parents la source de malentendus et de méprises, eux-mêmes générateurs de troubles dans la relation entre parents et enfants dans l’adoption. Après avoir approfondi les concepts de dette imaginaire et de dette symbolique, je vous ferai partager ce que m’ont appris en ce domaine des années d’expérience clinique avec les enfants en passant par une réflexion plus anthropologique sur la place de la dette et de la culpabilité dans la transmission et la filiation. Continuer la lecture

SPÉCIFICITÉS DES CURES D’ENFANTS PLACÉS EN FAMILLE D’ACCUEIL.

REFLEXIONS SUR “LE MAINTIEN DU LIEN”

Intervention aux journées d’études de la SPF du 29/30 mars 2008 , à Paris,  publié dans La psychiatrie de l’enfant, Vol.LII 2/2009, PUF.

Résumé :  Recevoir en psychothérapie des enfants placés en famille d’accueil est difficile : multiplicité des intervenants (parents, famille d’accueil, travailleurs sociaux, juge ), refus apparent de ces enfants d’aborder leurs symptômes et surtout leur histoire familiale, fréquente intervention de la réalité dans la cure qui peut compromettre la poursuite de celle-ci. Comment, alors, organiser tous ces éléments pour que la conduite de la cure soit vraiment assurée par le psychanalyste et non abandonnée au gré des événements? La psychothérapie de Yassine nous permettra d’aborder toutes ces questions.

Cette longue expérience des cures d’enfants placés m’a amené aussi à réfléchir à l’expression « maintien du lien », qui m’apparaît beaucoup trop souvent entendue comme une injonction à concrétiser dans la réalité alors que c’est au niveau intra-psychique, symbolique, qu’il faut élaborer ce lien. Continuer la lecture